
La lingerie fabriquée à la main en France continue de gagner des points. Dernier exemple en date, dans l’Ain : Laurine Moreau, créatrice installée à Trévoux, vient d’obtenir la qualité d’Artisan d’art couturier, comme l’a rapporté Le Progrès le 31 octobre. Une reconnaissance officielle qui met en lumière un créneau encore rare : la lingerie de maternité conçue et cousue en atelier.
Une créatrice de lingerie de maternité et du quotidien
Arrivée à Trévoux en 2022, Laurine Moreau a installé son atelier-boutique au 11, rue de l’Herberie, dans le centre historique de la petite ville au bord de la Saône. Elle y propose deux familles de pièces : de la lingerie de maternité, pensée pour la grossesse et l’allaitement, et de la lingerie de tous les jours.
Ce double positionnement n’est pas anodin. La lingerie de grossesse est souvent le parent pauvre des collections : on la choisit vite, pour quelques mois, et l’offre se résume trop souvent à des modèles fonctionnels mais peu séduisants. Une créatrice qui travaille la coupe, la matière et le confort à la main répond à une attente réelle des futures mamans qui ne veulent pas renoncer à se sentir belles pendant cette période.
Ce que change la qualité d’Artisan d’art
La distinction a été délivrée en 2026 par la Chambre de métiers et de l’artisanat (CMA) Auvergne-Rhône-Alpes. D’après Le Progrès, le parcours a suivi trois étapes : une demande auprès de la CMA, une visite de l’atelier, puis l’avis favorable d’une commission. Elle vient récompenser un savoir-faire, une créativité et un travail réalisé à la main dans l’atelier trévoltien.
Il ne s’agit pas d’un label marketing. Comme le rappelle la fiche consacrée aux artisans d’art sur Bpifrance Création, les métiers d’art sont définis par une liste annexée à un arrêté du 24 décembre 2015, et la qualité d’artisan relève du Code de l’artisanat. Le titre ne se décrète donc pas soi-même : il s’appuie sur une activité reconnue et sur une immatriculation en qualité d’artisan.
Pour une cliente, c’est un repère utile. Dans un marché où les mentions « fait main » ou « confectionné en France » fleurissent parfois sans grande transparence, une qualité attribuée par une chambre consulaire après visite d’atelier offre une garantie concrète sur l’origine et le mode de fabrication des pièces.
Un ancrage local déjà salué
Ce n’est pas la première distinction pour la créatrice. Selon Le Progrès, elle avait déjà été labellisée Origin’Ain en 2025, une marque qui valorise les produits et savoir-faire du département de l’Ain. Deux reconnaissances en deux ans, qui installent l’atelier de Trévoux dans le paysage de la lingerie artisanale régionale.
Le « slow made » gagne la lingerie
Ce parcours s’inscrit dans une tendance de fond. La même fiche de Bpifrance Création décrit l’attrait croissant des consommateurs pour des biens durables, locaux et personnalisés, en réaction aux produits fabriqués à des millions d’exemplaires : c’est la tendance du « slow made ». Elle souligne aussi que les métiers d’art attirent de nouveaux profils, notamment des adultes en reconversion, et que 85 % des entreprises du secteur sont des structures unipersonnelles.
La lingerie illustre bien ce mouvement. Ces dernières semaines, nous avons vu naître Idylle, une marque haut de gamme fabriquée dans un atelier de corseterie de la Vienne, et nous avons poussé la porte de Fifi Chachnil, la maison parisienne qui fait vivre la lingerie rétro. À une autre échelle, l’atelier de Laurine Moreau montre que ce savoir-faire existe aussi dans de petites villes, au plus près des clientes.
Pourquoi choisir une lingerie artisanale
Acheter une pièce de lingerie à une créatrice, c’est d’abord profiter d’un conseil personnalisé. En atelier, on peut essayer, ajuster, parler de sa morphologie ou de ses besoins pendant la grossesse. C’est aussi choisir des pièces pensées pour durer, plutôt que des modèles qui se déforment après quelques lavages.
Pour la lingerie de maternité en particulier, quelques réflexes aident à bien choisir : privilégier des matières douces et respirantes, vérifier que les bretelles et la bande sous-poitrine s’adaptent à l’évolution du corps, et penser à l’allaitement dès l’achat si c’est votre projet. Une créatrice qui maîtrise la coupe saura vous orienter vers un modèle qui vous accompagnera au-delà de quelques semaines.
La reconnaissance obtenue par Laurine Moreau rappelle enfin que la lingerie n’est pas qu’une affaire de grandes marques et de défilés. Elle se fabrique aussi, patiemment, dans des ateliers où chaque pièce passe entre les mains de celle qui l’a dessinée.